Manuela Marques, Cour intérieure

Dans ses photographies comme dans ses vidéos, les fragments de réel donnés à voir nous rappellent à la fragilité et é la mutabilité de toute chose. Succession d'instants indécisifs (François Quintin), les sobres photographies de Manuela Marques privilégient le mode de l'évocation. Inquiètes, elles nous invitent à l'étonnement du banal, du quotidien et suggèrent dans leurs jeux d'ombres et de reflets profonds, leurs -cadrages aussi, quelque méfiance. Intrinsèquement réflexives, elles invitent à reconsidérer notre perception du réel, qu'un rien - il suffit d'un regard - fait basculer dans l'étrange et l'indétermination... Leur dimension énigmatique suppose un goût du détail qui ne se confond jamais avec l'anecdote. Il est ici question d'un temps suspendu, de passages silencieux et de tensions sous-jacentes.

Point névralgique de l'exposition, un espace carré quasiment clôt sur lui-même accueille le visiteur. À l'extérieur sont accrochées des photographies de grand format tandis qu'à l'intérieur, une installation vidéo plonge le visiteur dans l'obscurité : Topos. Ce dispositif fonctionne comme un choeur, orientant notre vision de l'ensemble "polyphonique" donné à voir, un ensemble qui consiste en un enchevêtrement d'espaces distincts, réels ou retranscrits par la photo, qui lui sont tous reliés, dont les jeux de correspondances (spécularité / inversion...) relèvent en partie de l'interprétation du concept fécond d'hétérotopie tel que théorisé par Michel Foucault à la fin des annàes 1960.

Exposition Du 23 novembre au 18 décembre
Salons d'Honneur de l'Hôtel de Ville, Levallois
M° Anatole France, l. 6

Actualités Exposition Zone(s) de contact
du 30 octobre au 11 décembre
Galerie Anne Barrault, Paris
http://www.galerieannebarrault.com

Sommeil 1, 2010
© Manuela Marques

Éclairage 1, 2010
© Manuela Marques

Tronc 1, 2010
© Manuela Marques